Grammaire et orthographe

« On écrit “un relai” ou “un relais” ? La règle d’orthographe à connaître en 2026 »

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Marie TEXIER

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Le mot « relais » fait partie de ces termes du français qui interrogent souvent : doit-on l’écrire avec ou sans « s » final ? Les deux formes, « …

Le mot « relais » fait partie de ces termes du français qui interrogent souvent : doit-on l’écrire avec ou sans « s » final ? Les deux formes, « relais » et « relai », coexistent aujourd’hui, mais elles n’ont pas exactement le même statut dans l’usage. Comprendre leur histoire, les recommandations orthographiques récentes et les pratiques actuelles permet de faire un choix éclairé dans ses écrits.

« Relais » : la forme historique et la plus courante

La graphie traditionnelle est « relais », avec un « s » final. C’est celle que l’on rencontre très largement dans les textes modernes, qu’il s’agisse de littérature, de presse, de documents administratifs ou de communication professionnelle.

À l’origine, « relais » est un terme de vocabulaire cynégétique (lié à la chasse). Il désignait notamment :

  • le repos des chiens pendant une chasse longue et fatigante ;
  • les chiens de renfort postés sur le parcours du gibier, prêts à prendre la suite de la meute fatiguée ;
  • par extension, un point d’étape sur un trajet (pour les chevaux, les équipages, puis les voyageurs).

On rapproche cette forme de l’ancien verbe « relaisser », qui signifiait « s’arrêter de fatigue » dans le langage de la chasse. Ce lien étymologique a contribué à fixer durablement la graphie avec « s ».

Avec le temps, le mot a pris de nouveaux sens, aujourd’hui très fréquents :

  • station-service ou établissement situé le long d’un trajet (relais routier, relais autoroutier) ;
  • point de distribution ou de dépôt (relais colis, relais presse) ;
  • succession dans une tâche ou transmission d’une responsabilité (« passer le relais ») ;
  • épreuve sportive en équipe, comme le relais 4 × 100 m en athlétisme ou en natation.

Dans la pratique actuelle, « relais » avec un « s » est donc la forme attendue dans la quasi-totalité des contextes, tant écrits qu’oraux.

« Relai » : la forme proposée par les rectifications de 1990

En 1990, un rapport officiel sur les rectifications de l’orthographe a proposé d’aligner certains mots sur des modèles jugés plus cohérents. L’une des recommandations concernait justement « relais ».

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L’idée était la suivante : pour les verbes en -ayer, on trouve souvent un nom correspondant en -ai :

  • essayer → essai ;
  • balayer → balai ;
  • et, par analogie, relayer → relai.

On peut aussi rapprocher cette logique d’autres mots comme :

  • délayer → délai.

Dans cette optique, écrire « relai » sans « s » permettrait de simplifier l’orthographe en la rendant plus régulière. Depuis ces rectifications, « relai » est donc officiellement toléré et reconnu comme une forme correcte sur le plan normatif.

Cependant, ces rectifications sont de nature propositionnelle : elles n’imposent pas systématiquement la nouvelle forme, mais l’autorisent.

Usage réel : « relais » largement majoritaire

Même si « relai » est admis, l’usage reste très largement en faveur de la forme « relais ». Les chiffres issus de la presse et des corpus en ligne illustrent cet écart :

  • on trouve plusieurs millions d’occurrences de « relais » dans les actualités et les textes récents ;
  • en comparaison, « relai » sans « s » n’apparaît que quelques milliers de fois, ce qui représente une proportion infime.

En d’autres termes, « relais » reste la forme spontanément choisie par la grande majorité des locuteurs et des rédacteurs. On peut donc considérer que, dans la vie courante comme dans les écrits professionnels, c’est cette graphie qui fait figure de référence.

Pour un courrier administratif, un rapport d’entreprise, un article destiné au grand public ou un devoir scolaire, on recommandera en pratique :

  • de privilégier la forme « relais » ;
  • d’utiliser « relai » uniquement si l’on suit consciemment les rectifications de 1990 et que l’on reste cohérent dans l’ensemble du texte.

Exemples d’emploi avec « relais » (avec « s »)

Voici quelques exemples d’utilisation de la forme majoritaire « relais », dans des contextes variés :

  • « En quittant le bassin du Danube, on gravit des escarpements. Kirn, le premier relais, est perché sur une rude côte, du sommet de laquelle à travers les nues aqueuses, j’ai découvert des collines mornes et de pâles vallées. » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe)
  • « Au relais suivant, qui fut atteint avec une grande rapidité, Saint-Julien descendit, dans la crainte d’abuser de la permission qu’on lui avait donnée ; » (George Sand, Le Secrétaire intime)
  • « Aujourd’hui, alors que l’architecte de ce rapprochement, Yves Perrier, passe le relais de la direction générale à Valérie Baudson, ce montant s’élève à 1 794 milliards. » (exemple de presse économique)
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On peut ajouter d’autres formulations courantes avec cette orthographe :

  • « L’entreprise a installé un relais radio pour améliorer la couverture. »
  • « L’épreuve se termine par un relais 4 × 400 mètres. »
  • « Cette association joue un rôle de relais important entre les habitants et la municipalité. »
  • « Nous avons trouvé un relais routier ouvert 24 h/24 sur l’autoroute. »

Dans tous ces cas, la présence du « s » final ne change pas la prononciation, mais elle correspond à l’usage standard et attendu.

Exemples d’emploi avec « relai » (sans « s »)

La graphie « relai » apparaît dans certains textes, notamment chez des auteurs du XIXe siècle ou dans des écrits qui suivent les rectifications orthographiques. Elle reste toutefois bien moins fréquente.

Quelques exemples littéraires illustrent cette forme :

  • « Puis elle entre résolument dans la forêt, qu’elle occupe dans toute son épaisseur, pour n’en sortir, deux lieues et demie plus loin, qu’au relai de poste nommé Vertefeuill. » (Alexandre Dumas, Catherine Blum, 1855)
  • « […] seulement les patrons du relai, braves gens, obligèrent le père à reconnaître sa petite […] » (Alphonse Daudet, Sapho, 1885)
  • « Une contrainte qui frappe toute la commune et peut rebuter les nouveaux venus. Ainsi, pour les 450 habitants, le seul espoir réside dans un relai téléphonique ; la préfecture a promis sa construction d’ici août 2021. » (exemple de presse d’actualité)

Aujourd’hui, si l’on choisit d’écrire « relai », c’est généralement par adhésion aux rectifications de 1990 et dans un souci d’harmonisation avec d’autres mots en -ai. Il est alors conseillé de maintenir cette graphie partout dans le texte pour éviter les incohérences :

  • « un relai logistique » plutôt que « un relais logistique »,
  • « plusieurs relais / relais » selon la cohérence adoptée (au pluriel, « relais » reste identique, ce qui masque partiellement la différence).
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Que choisir au quotidien ?

En résumé, les deux graphies sont aujourd’hui reconnues par la norme, mais elles n’ont pas le même poids dans la pratique :

  • « relais » (avec « s »)
    • forme historique et majoritaire ;
    • largement employée dans les médias, l’édition, l’administration ;
    • recommandée si vous ne suivez pas explicitement les rectifications de 1990.
  • « relai » (sans « s »)
    • forme admise par les rectifications orthographiques ;
    • minoritaire dans l’usage courant ;
    • à utiliser de manière cohérente si vous adoptez les nouvelles graphies (comme « évènement », « nénufar », etc.).

Pour un usage simple et sans ambiguïté, on peut retenir la règle pratique suivante :

  • si vous hésitez, écrivez « relais » : c’est la forme la plus répandue et la plus attendue par vos lecteurs ;
  • si vous choisissez délibérément « relai », faites-le en connaissance de cause et en accord avec une politique orthographique claire (par exemple dans un manuel scolaire ou un document qui suit systématiquement les rectifications).

Ainsi, que vous passiez le relais à un collègue, que vous attendiez un colis dans un point relais ou que vous lisiez un texte où il est question de relai de poste, vous êtes désormais armé pour comprendre et justifier votre choix d’orthographe.

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