La question revient souvent : faut-il écrire « gallerie » ou « galerie » ? En français moderne, une seule forme est correcte : galerie, avec un seul « l » et un seul « r ». Cette orthographe s’est imposée dans l’usage courant, dans la littérature, mais aussi dans les noms de lieux et d’établissements (galeries d’art, galeries commerciales, etc.).
Orthographe correcte : « galerie »
En français, on écrit toujours : galerie.
La graphie gallerie est une faute d’orthographe, même si l’on peut parfois la croiser sur des panneaux, des réseaux sociaux ou dans des écrits peu soignés.
Pour s’en souvenir, on peut utiliser quelques astuces simples :
- On écrit « galerie » comme « boucherie », « librairie », « bijouterie » : un seul « l », un seul « r ».
- On peut penser à l’expression « amuser la galerie » : elle est très fréquente, ce qui aide à mémoriser la bonne forme.
- Dans les dictionnaires de référence, seule la forme « galerie » est répertoriée comme correcte.
Dans les textes administratifs, scolaires ou professionnels, l’usage de « gallerie » sera systématiquement considéré comme une erreur. Par exemple, sur un corpus de plusieurs milliers de textes officiels récents, on ne trouve pratiquement jamais la forme fautive, tandis que « galerie » est attesté des milliers de fois.
Origine et évolution du mot « galerie »
Le mot galerie est un emprunt à l’italien galleria, qui s’écrivait avec deux « l ». Cet italien galleria vient lui-même du latin médiéval galeria.
Ce terme pourrait être formé sur le mot galilaea, qui désignait le porche d’une église, un portique. Ce dernier vient du nom de la Galilée (latin Galilaea, grec Γαλιλαία Galilaia), région biblique associée, dans les premiers temps du christianisme, aux « gentils », c’est‑à‑dire les non‑convertis. Ces derniers étaient parfois figurés comme se tenant sur le porche, aux marges du lieu sacré.
Avec le temps, le sens concret de « porche » ou « portique » s’est élargi pour désigner tout espace couvert, allongé, où l’on circule ou où l’on se rassemble. De là est venue l’idée de :
- passage couvert,
- couloir,
- lieu d’exposition.
Dans plusieurs langues européennes, on retrouve la même racine, avec des variantes orthographiques :
- en anglais : gallery ;
- en espagnol : galería ;
- en allemand : Galerie.
On voit ainsi une famille de mots apparentés, tous liés à l’idée de passage, de salle allongée ou d’espace d’exposition.
Les principaux sens de « galerie »
Le mot galerie possède plusieurs significations en français. Selon le contexte, il peut désigner un espace architectural, un lieu d’exposition, un passage souterrain ou même, de façon figurée, un public.
1. Une longue salle d’exposition ou de représentation
Un sens très courant est celui de longue salle où l’on expose des œuvres d’art. C’est le sens que l’on retrouve dans l’expression « galerie d’art ».
On parle par exemple de :
- galerie d’art contemporain,
- galerie de peinture,
- galerie de photographie,
- galerie de sculptures.
Ces lieux peuvent être :
- des espaces privés, où l’on vend des œuvres ;
- des espaces publics, dans des musées ou institutions culturelles.
Par exemple, on peut dire :
- « Nous avons visité une galerie qui présentait une rétrospective d’un peintre impressionniste. »
- « Cette galerie organise chaque année plus de 20 expositions temporaires. »
2. Un vaste couloir ou passage couvert
« Galerie » désigne aussi un long couloir ou un passage couvert, souvent dans un bâtiment important :
- les galeries d’un palais,
- les galeries d’un château,
- les galeries d’un grand hôtel,
- les galeries marchandes d’un centre commercial.
Dans de nombreux édifices historiques, les galeries servaient à la fois à la circulation et à la représentation. On y exposait des tableaux, des tapisseries ou des objets précieux.
Exemples :
- « La galerie principale de ce château mesure plus de 80 mètres de long. »
- « Les invités traversaient une immense galerie décorée de portraits de famille. »
On parle aussi de galerie commerciale ou galerie marchande pour désigner les longs couloirs couverts d’un centre commercial où s’alignent les boutiques.
3. Un passage couvert pour la promenade
Dans les villes, les galeries couvertes ou les passages couverts sont des lieux de promenade abrités des intempéries. Il s’agit souvent de couloirs vitrés, avec des boutiques, des cafés, parfois des librairies.
On peut par exemple dire :
- « Nous aimons flâner dans les galeries couvertes du centre-ville le dimanche. »
- « La galerie offrait un refuge agréable pendant l’averse. »
Ce type d’architecture a connu un grand succès au XIXe siècle, avec la multiplication des passages couverts dans les grandes capitales européennes.
4. Un balcon ou un espace en hauteur
Le mot peut aussi désigner un balcon ou une rangée de places en hauteur, par exemple dans un théâtre, une salle de concert ou un cirque. On parle alors des « galeries » au sens de gradins supérieurs, souvent les places les moins chères, mais aussi les plus animées.
Exemples :
- « Les applaudissements venaient surtout des galeries. »
- « Les spectateurs des galeries avaient une vue plongeante sur la scène. »
Ce sens est important pour comprendre l’expression « amuser la galerie ».
L’expression « amuser la galerie »
L’expression « amuser la galerie » signifie « faire rire », « divertir ceux qui regardent », souvent en se donnant en spectacle. À l’origine, elle fait référence aux spectateurs installés dans les hauteurs d’un théâtre ou d’un cirque, réputés bruyants et difficiles à satisfaire.
Aujourd’hui, cette expression peut avoir plusieurs nuances :
- positif : faire rire, détendre l’atmosphère, divertir un groupe ;
- péjoratif : faire du bruit pour rien, chercher à se faire remarquer, gesticuler sans sérieux ;
- ironique : donner l’illusion d’agir alors qu’on ne fait que de la mise en scène.
Exemples :
- « Il aime amuser la galerie avec ses imitations. » (il aime faire rire)
- « Ce discours ne sert qu’à amuser la galerie, aucune mesure concrète n’est proposée. » (il s’agit de distraire plutôt que d’agir)
Cette expression illustre bien la dimension sociale et théâtrale attachée au mot « galerie ».
Exemples d’emploi de « galerie »
Pour mieux sentir les nuances du mot, voici quelques exemples tirés de la langue courante et de la littérature, accompagnés de brèves explications.
Exemple en contexte militaire
- « Des galeries souterraines menaient les soldats près du champ de bataille. »
Ici, « galeries » désigne des tunnels creusés dans le sol, souvent utilisés pour approcher l’ennemi à couvert ou pour installer des explosifs. Ce sens est aussi fréquent dans le domaine minier (galeries de mine).
Exemple dans la littérature – Edmond Rostand
« Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve. »
Dans cet extrait d’une célèbre pièce de théâtre, « galeries » renvoie aux galeries d’un théâtre, là où se tient une partie du public. Le mot souligne le caractère public de la scène, devant des spectateurs nombreux et attentifs.
Exemple dans la littérature – Chateaubriand
« Nous courûmes à la galerie pour nous trouver sur le passage de la Reine lorsqu’elle reviendrait de la chapelle. »
La « galerie » désigne ici un long couloir ou une salle allongée dans un palais, d’où l’on peut voir passer les personnages importants. C’est un lieu de circulation, d’apparat et de visibilité.
Exemple dans la littérature – Marcel Proust
« À chaque étage, des deux côtés de petits escaliers de communication, se dépliaient en éventails de sombres galeries, dans lesquelles, portant un traversin, passait une femme de chambre ; j’appliquais à son visage rendu indécis par le crépuscule le masque de mes rêves les plus passionnés, mais lisais dans son regard tourné vers moi l’horreur de mon néant. »
Ici, les « galeries » renvoient à des couloirs sombres d’un immeuble ou d’un hôtel. Le mot insiste sur la longueur, la répétition des espaces et l’atmosphère presque labyrinthique du lieu.
Exemple dans la presse culturelle
« Jusqu’en juin 2018, quand la galerie Applicat-Prazan cède, à la Foire de Bâle, Hommage au connétable de Bourbon, une toile monumentale dont elle exigeait 2 millions d’euros. »
Dans cet exemple, « galerie » désigne une galerie d’art en tant que structure commerciale et culturelle : un lieu où l’on présente, mais aussi où l’on vend des œuvres, parfois à des prix très élevés. Cela rappelle que les galeries jouent un rôle essentiel sur le marché de l’art.
À ne pas confondre : « galerie » et d’autres mots proches
Il arrive que « galerie » soit confondu avec d’autres termes, surtout à l’écrit. Quelques distinctions utiles :
- Galerie (correct) / gallerie (incorrect) : un seul « l », un seul « r » en français.
- Galerie / galet : aucun lien de sens, même si les mots se ressemblent visuellement.
- Galerie / galère : « galère » désigne un bateau à rames ou, au figuré, une situation pénible (« c’est la galère »).
Seule « galerie » appartient à la famille des mots liés aux passages, aux couloirs et aux espaces d’exposition.
En résumé
- La seule orthographe correcte en français est : galerie.
- La forme gallerie est fautive et doit être évitée, notamment dans tout texte soigné.
- Le mot vient de l’italien galleria et du latin médiéval galeria, liés à l’idée de porche, de portique.
- Il désigne notamment : une longue salle d’exposition, un vaste couloir, un passage couvert, un balcon ou gradin dans un lieu de spectacle.
- On connaît aussi l’expression « amuser la galerie », qui signifie divertir ou faire semblant d’agir pour le public.
Retenir « galerie » avec un seul « l » et un seul « r » permet d’éviter une erreur fréquente et d’utiliser ce mot riche de nuances dans tous ses contextes : architecture, art, littérature, spectacle ou conversation quotidienne.
