Grammaire et orthographe

« Favori » ou « favorite » : la règle simple pour ne plus vous tromper

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Marie TEXIER

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Faut-il écrire « favorite » ou « favorie » ? La langue française a définitivement tranché, mais l’ancienne forme continue parfois de semer le doute. Voici un point complet pour ne plus hésiter, avec des …

Faut-il écrire « favorite » ou « favorie » ? La langue française a définitivement tranché, mais l’ancienne forme continue parfois de semer le doute. Voici un point complet pour ne plus hésiter, avec des exemples variés et des explications détaillées.

« Favorite » : la seule forme correcte aujourd’hui

En français moderne, la seule orthographe admise est « favorite », avec un t avant le e final.

Le mot vient de l’italien favorito, -a, qui signifie « préféré, privilégié ». Ce t s’est maintenu dans la forme française. C’est ce qui explique, par exemple, la proximité avec des mots comme favori, favoritisme ou favorite au féminin.

Historiquement, le terme a connu plusieurs sens :

  • La maîtresse privilégiée d’un roi : on parlait de la « favorite du roi » pour désigner la femme bénéficiant d’une place particulière à la cour.
  • Une coiffure : par extension, « favorite » a désigné les mèches de cheveux ou les arrangements capillaires prisés à certaines époques.
  • Ce que l’on préfère : sens moderne le plus courant, qu’il s’agisse d’une personne, d’un objet, d’un lieu, d’un film, etc.
  • Une partie de la barbe : on appelait aussi « favorites » les bandes de barbe situées entre les oreilles et le menton, proches des rouflaquettes.

Dans tous ces cas, c’est bien l’orthographe favorite qu’il faut employer au féminin.

Astuce pour retenir l’orthographe de « favorite »

Pour ne plus hésiter entre « favorie » et « favorite », il existe une astuce très simple : pensez au mot « favoritisme ». On y retrouve clairement le t :

  • favoritismefavoritefavori

On n’écrit pas « favoriisme » ni « favorieisme » : la présence du t dans favoritisme rappelle naturellement celle de favorite. De même, au masculin, on écrit « favori » et non « favorie ».

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Autre moyen mnémotechnique : imaginez la phrase :

  • « Ma favorite déteste le favoritisme. »

Les deux mots contiennent un t : cette répétition rend l’orthographe plus facile à mémoriser.

Exemples d’emploi de « favorite »

Le mot favorite s’emploie dans de nombreux contextes. Voici plusieurs exemples pour bien voir comment l’utiliser.

  • Série ou film :
    « The Crown est ma série favorite, car je suis passionné par l’histoire du Royaume-Uni et par sa famille royale. »
    On peut dire aussi : « Ce film est devenu ma comédie romantique favorite. »
  • Nourriture :
    « Mes pâtisseries favorites sont l’éclair au chocolat, la religieuse et le Paris-Brest : je ne peux jamais y résister ! »
    On pourrait également dire : « Sa pizza favorite est la quatre fromages. »
  • Activités et loisirs :
    « La randonnée en montagne est son activité favorite le week-end. »
    « Parmi tous les sports, le basket est resté sa discipline favorite. »
  • Exemples littéraires :
    « C’est ainsi qu’ayant à parler de ma famille, je me suis livré à mes investigations favorites, sans autre intérêt que mon plaisir d’annaliste… » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe)
    « Et je ne parle pas seulement des événements accomplis, mais de l’enchaînement de circonstances (c’était une des expressions favorites de M. de Charlus…) » (Proust, À la recherche du temps perdu)
  • Vie politique et médiatique :
    « Quatre ans plus tôt, la sourde bataille qui avait opposé ce dernier à la favorite, Hillary Clinton, avait laissé des traces durables… »

On retrouve aussi le mot dans des tournures très fréquentes :

  • « Quelle est ta chanson favorite en ce moment ? »
  • « C’est ma saison favorite de l’année : j’adore l’automne. »
  • « Ce café est mon endroit favori, et cette table près de la fenêtre est ma place favorite. »
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« Favorie » : une forme ancienne et aujourd’hui fautive

On rencontrait autrefois la forme « favorie », sans t. Elle est aujourd’hui considérée comme incorrecte en français moderne. Il s’agit d’une variante ancienne, probablement influencée par le mot « faveur ».

Cette orthographe se trouve encore dans certains textes des siècles passés :

  • « Quand les Scythes enterroyent leur Roy, ils estrangloyent sur son corps la plus favorie de ses concubines… » (Montaigne, Essais, II, 12)
  • « … que vous soyez devenus, pour ainsi dire, sa troupe favorie… » (Mercure de France, 1733)

Ces exemples montrent que favorie a réellement existé dans l’usage, mais qu’il s’agit d’un archaïsme. De nos jours :

  • dans un texte contemporain, « favorie » sera perçu comme une faute d’orthographe ;
  • dans un texte ancien, la forme reflète simplement la langue de l’époque et ne doit pas être corrigée si l’on cite fidèlement la source.

On voit encore parfois « favorie » sur Internet ou dans des écrits rapides, mais c’est une erreur qu’il vaut mieux éviter, notamment dans un courrier officiel, un CV, un mémoire ou tout document professionnel.

Résumé : comment bien écrire « favorite » ?

  • La forme correcte au féminin est favorite, avec un t.
  • Le mot vient de l’italien favorito et se rattache à favori, favoritisme, faveur.
  • « Favorie » est une graphie ancienne, désormais fautive en français moderne.
  • Pensez à favoritisme pour retenir la présence du t.
  • Dans vos écrits actuels, utilisez toujours favorite au féminin et favori au masculin.

En gardant en tête le lien entre favorite et favoritisme, vous éviterez aisément ce piège orthographique et pourrez employer le mot avec assurance dans tous vos écrits.

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