La confusion entre « appel » et « appelle » est très fréquente en français. Ces deux formes se prononcent de la même façon, mais n’appartiennent pas à la même catégorie grammaticale et ne s’emploient pas dans les mêmes contextes. Comprendre clairement la différence permet d’éviter des fautes d’orthographe courantes, aussi bien dans les courriels professionnels que dans les copies d’examen ou les messages du quotidien.
« Appel » : un nom qui désigne une action ou une demande
Le mot « appel » est un nom masculin. Il renvoie, de manière générale, au fait d’attirer l’attention de quelqu’un : par la voix, par écrit, au téléphone, par un signal, etc. On parle par exemple d’« appel » lorsqu’on tente de joindre un ami, qu’on lance une demande d’aide ou qu’on convoque des personnes.
Ce nom est dérivé du verbe « appeler » : on dit qu’il s’agit d’un nom déverbal. À partir de ce sens très général, plusieurs usages spécifiques se sont développés.
Les principaux sens de « appel »
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L’appel pour vérifier une présence
Dans les écoles, les réunions, les assemblées, on fait l’appel pour savoir qui est présent ou absent.- Le professeur fait l’appel au début de chaque cours.
- Lors de la réunion de 9h, un appel des participants est effectué avant de commencer.
- Dans certains internats, un appel est réalisé tous les soirs à 22h.
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L’appel téléphonique
C’est probablement le sens le plus courant dans la vie quotidienne aujourd’hui : un appel, c’est un coup de téléphone.- Je n’ai pas répondu à son appel, j’étais en réunion.
- Elle a reçu plus de vingt appels dans la journée.
- Le service client enregistre près de 500 appels par jour.
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L’appel au secours, à l’aide, à l’action
Il peut aussi désigner une demande pressante, souvent liée à une situation difficile ou urgente.- Le gouvernement a entendu les appels au secours des soignants.
- Les associations ont lancé un appel aux dons.
- Cette campagne est un appel à la mobilisation des citoyens.
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L’appel sous les drapeaux
Historiquement, l’appel sous les drapeaux désigne la convocation des jeunes pour effectuer leur service militaire, les appelés.- À l’époque du service militaire obligatoire, l’appel sous les drapeaux concernait des milliers de jeunes chaque année.
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L’appel en droit
En langage juridique, faire appel, c’est contester un jugement devant une juridiction supérieure.- L’entreprise a fait appel du jugement qui la condamnait.
- Le délai pour interjeter appel est généralement de 15 à 30 jours selon les cas.
- Si la décision est confirmée en appel, il reste parfois la possibilité d’un pourvoi en cassation.
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Autres emplois spécialisés
Le mot « appel » apparaît aussi dans des expressions plus techniques :- Appel d’offres : procédure par laquelle une organisation sollicite plusieurs propositions pour un projet ou un marché.
Quatre agences ont répondu à l’appel d’offres de la mairie. - Centre d’appels : service spécialisé qui gère un grand nombre de communications téléphoniques.
J’ai fait appel à un centre d’appels pour gérer le service après-vente. - Appel du pied : invitation indirecte ou allusion destinée à provoquer une réaction.
Je n’ai pas répondu à son appel du pied.
- Appel d’offres : procédure par laquelle une organisation sollicite plusieurs propositions pour un projet ou un marché.
On retrouve aussi « appel » dans la littérature :
« … son appel n’éveillait pas toujours les dormeurs de la maison » (Th. Gautier).
« Appelle » : une forme conjuguée du verbe « appeler »
Le mot « appelle », avec deux « l », n’est pas un nom, mais une forme conjuguée du verbe « appeler ». Il renvoie à une action, à ce que fait le sujet de la phrase.
Cette forme s’emploie :
- à la 1re personne du singulier du présent de l’indicatif : j’appelle ;
- à la 3e personne du singulier du présent de l’indicatif : il/elle appelle ;
- à la 1re personne du singulier du subjonctif présent : que j’appelle ;
- à la 3e personne du singulier du subjonctif présent : qu’il/qu’elle appelle ;
- à la 2e personne du singulier de l’impératif : appelle !
Exemples avec « appelle » au présent de l’indicatif
- J’appelle ma grand-mère tous les jours. (1re personne du singulier)
- J’appelle le médecin dès que j’ai les résultats.
- Elle appelle ses enfants par de drôles de surnoms. (3e personne du singulier)
- Il appelle son collègue pour avoir des précisions.
- Chaque matin, il appelle ses clients les plus importants.
Dans tous ces exemples, « appelle » exprime une action réalisée par le sujet : c’est bien le verbe « appeler » conjugué.
Exemples avec « appelle » au subjonctif
Le subjonctif présent est souvent utilisé après certaines expressions comme « il faut que », « avant que », « pour que », « bien que », etc.
- Les participants doivent attendre que je les appelle. (que je appelle → que je appelle)
- Il faut attendre qu’il nous appelle avant de partir.
- Je préfère qu’elle m’appelle ce soir.
- Il est important qu’il appelle rapidement pour confirmer.
Ici encore, on parle d’une action qui dépend de la volonté, d’une condition, d’un souhait ou d’une nécessité.
« Appelle » à l’impératif
À l’impératif, « appelle » sert à donner un ordre, un conseil ou une demande insistante :
- Appelle ton frère quand tu arrives.
- Je t’en supplie, appelle-le demain !
- Si tu as un doute, appelle-moi tout de suite.
On s’adresse directement à une personne, à la 2e personne du singulier (tu).
Comment distinguer facilement « appel » et « appelle » ?
Pour éviter de confondre ces deux formes, une méthode simple consiste à se poser la question suivante : le mot désigne-t-il une chose (un nom) ou une action (un verbe) ?
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Si vous pouvez mettre un déterminant devant (un, le, cet, mon…), il s’agit de « appel ».
Exemples :- un appel, le dernier appel, cet appel, son appel
- On peut dire : son appel au secours → c’est un nom.
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Si vous pouvez conjuguer le verbe « appeler » ou remplacer par un autre verbe (téléphoner, crier, contacter), il s’agit de « appelle ».
Exemples :- Il appelle sa mère. → Il téléphone à sa mère.
- J’appelle le médecin. → on peut dire Je contacte le médecin.
Un autre moyen de vérification consiste à modifier le temps ou la personne :
- Si vous pouvez transformer j’appelle en j’appellerai ou j’appelais, alors c’est bien un verbe.
- Si le mot reste identique quand vous changez la phrase (par exemple : un appel, des appels), c’est un nom.
Phrase qui combine « appel » et « appelle »
Voici un exemple où les deux formes apparaissent dans la même phrase :
« Je ne l’appelle pas au téléphone avant d’avoir reçu deux appels en absence. »
- « j’appelle » : verbe à la 1re personne du singulier du présent de l’indicatif ;
- « appels » : nom masculin pluriel.
Cette phrase illustre bien la différence :
– l’action de téléphoner (verbe) → j’appelle ;
– les communications téléphoniques reçues (nom) → deux appels.
Attention au participe passé : « appelé »
Dernière nuance importante : le participe passé du verbe « appeler » s’écrit avec un seul « l » : appelé, appelée, appelés, appelées.
- Ils ont appelé leurs parents pour les rassurer.
- Elle a appelé son amie tard dans la nuit.
- Nous avons appelé plusieurs fois, sans réponse.
On le différencie de « appelle » en repérant l’auxiliaire devant :
- Si la forme est précédée de avoir ou être (ont, a, est, etc.), on utilise le participe passé : ils ont appelé.
- Si elle n’est pas précédée d’un auxiliaire et qu’elle marque directement une action au présent, c’est une forme conjuguée : ils appellent.
À retenir
- « appel » (un seul « l ») est un nom : un appel téléphonique, un appel au secours, un appel d’offres, l’appel des élèves, faire appel d’un jugement.
- « appelle » (deux « l ») est une forme conjuguée du verbe « appeler » : j’appelle, il appelle, que j’appelle, appelle !
- Le participe passé s’écrit « appelé », avec un seul « l » : ils ont appelé.
En gardant en tête ces repères simples et en s’habituant à identifier si le mot est un nom ou un verbe, l’hésitation entre « appel » et « appelle » disparaît rapidement, et votre orthographe gagne en précision.
