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Banques : en 2026, ce vieux placement à 2,5 % disparaît, 3 millions d’épargnants concernés

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Marie TEXIER

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À l’horizon 2026, près de trois millions de détenteurs de Plans d’épargne logement (PEL) verront leur placement historique à 2,5 % automatiquement s’éteindre. Un événement majeur pour ces épargnants, souvent peu …

À l’horizon 2026, près de trois millions de détenteurs de Plans d’épargne logement (PEL) verront leur placement historique à 2,5 % automatiquement s’éteindre. Un événement majeur pour ces épargnants, souvent peu informés, qui devront choisir comment réorienter plusieurs dizaines de milliards d’euros. Voici tout ce qu’il faut savoir pour ne pas subir la décision par défaut de sa banque et sécuriser – ou doper – son capital.

Pourquoi le cap des quinze ans tombe en 2026

Depuis la réforme appliquée aux PEL ouverts à partir du 1er mars 2011, la durée de vie de ces contrats est strictement limitée à quinze ans : dix ans de versements possibles puis cinq ans de « béquille » durant lesquels l’épargne continue de produire des intérêts sans pouvoir être alimentée. Concrètement :

  • Un PEL ouvert en mars 2011 arrive à échéance en mars 2026.
  • Un PEL souscrit en juillet 2012 fermera ses portes en juillet 2027, et ainsi de suite.

Les plans antérieurs à cette date ne sont pas concernés ; ils peuvent être conservés sans limite de durée, même si les nouveaux versements sont gelés après dix ans.

Un phénomène d’ampleur : des chiffres qui parlent

Selon les estimations de la Banque de France, environ 36 % des PEL encore actifs ont été ouverts entre 2011 et 2015, soit près de 3 millions de contrats. Si l’on considère un encours moyen de 15 000 € par plan, le montant total appelé à basculer dépasse les 40 milliards d’euros. Pour de nombreuses familles, c’est l’équivalent de plusieurs années d’épargne qui va changer de statut du jour au lendemain.

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Que deviendra votre argent le jour de la clôture ?

À la date anniversaire des quinze ans, votre banque a deux possibilités :

  • Transformer automatiquement le PEL en livret d’épargne “maison” rémunéré à un taux librement fixé par l’établissement.
  • Transférer la totalité des fonds sur un compte courant, un Livret A, un LDDS, un LEP ou, parfois, un contrat d’assurance-vie.

Dans la plupart des cas, les taux proposés se situent nettement en dessous du rendement de 2,5 % que garantissaient les anciens PEL. Aujourd’hui, un livret bancaire classique tourne plutôt autour de 0,5 à 1 % brut. L’impact peut donc être considérable :

  • Sur un capital de 25 000 €, un taux de 2,5 % génère 625 € d’intérêt annuel.
  • À 0,8 %, ce même capital ne rapporterait plus que 200 € par an, soit une perte de 425 € chaque année.

Fermer, laisser faire ou réorienter : les trois grandes stratégies

Trois scénarios majeurs se dessinent pour les épargnants concernés :

  1. Accepter la transformation automatique
    Solution la plus simple, mais souvent la moins rémunératrice. Utile uniquement si l’on souhaite disposer rapidement de liquidités sans se soucier des démarches.
  2. Clôturer avant la date butoir
    Permet de transférer l’épargne vers un placement plus performant ou fiscalement avantageux : Livret A, LDDS, LEP pour les foyers éligibles, voire une assurance-vie en euros ou un plan d’investissement à long terme.
  3. Réouvrir un nouveau PEL ou un produit dédié à un futur achat immobilier
    Les PEL récents offrent un taux compris entre 1 % et 2,25 % mais conservent l’avantage de droits à prêt. Intéressant si l’on vise un projet immobilier à moyen terme.
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Quels critères examiner avant de trancher ?

Avant toute décision, posez-vous les questions suivantes :

  • Date d’ouverture et taux : un PEL à 2,5 % mérite souvent une réflexion approfondie car il surpasse la plupart des livrets.
  • Projet immobilier en vue : si vous comptez emprunter d’ici deux ou trois ans, conserver vos droits à prêt via un nouveau PEL peut être pertinent.
  • Sensibilité à la fiscalité : depuis 2018, les intérêts des PEL de plus de douze ans sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Selon votre tranche d’imposition, un autre placement défiscalisé (Livret A / LDDS / LEP) peut devenir plus attractif.
  • Horizon de placement : projet court terme ? privilégiez la liquidité. Objectifs à long terme ? envisagez l’assurance-vie ou un Plan d’épargne retraite.

Exemple concret : deux profils, deux décisions

Pour illustrer, prenons deux cas typiques :

  • Marie, 35 ans, a un PEL de 20 000 € ouvert en 2012 à 2,5 %. Elle envisage d’acheter son premier appartement en 2028. Ouvrir un nouveau PEL maintenant lui permet de cumuler un nouveau droit à prêt tout en conservant son rendement actuel jusqu’en 2027. Elle choisit donc la stratégie 3.
  • Paul, 60 ans, possède 30 000 € sur un PEL de 2011 au taux de 2,5 %. Il n’a plus de projet immobilier. Sensible à la fiscalité, il préfère transférer ses fonds dans une assurance-vie en euros, où il pourra défiscaliser partiellement ses gains au-delà de huit ans. Il opte pour la stratégie 2.

Le mot de la fin : anticipez pour rester maître de votre épargne

Attendre la clôture automatique revient souvent à subir une baisse de rendement. En anticipant, vous choisissez la solution la plus adaptée à votre profil de risque, vos projets et votre fiscalité. Prenez rendez-vous avec votre conseiller, comparez les supports disponibles et n’hésitez pas à faire jouer la concurrence. Après tout, cet argent a été patiemment mis de côté ; il mérite à présent de continuer à croître dans les meilleures conditions possibles.

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