Grammaire et orthographe

« On écrit “je me permets” ou “je me permet” ? La règle d’orthographe à connaître absolument »

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Marie TEXIER

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Faut-il écrire « je me permet » ou « je me permets » ? Cette question revient souvent, surtout dans les courriels professionnels ou les lettres de motivation. La bonne …

Faut-il écrire « je me permet » ou « je me permets » ? Cette question revient souvent, surtout dans les courriels professionnels ou les lettres de motivation. La bonne forme est pourtant très claire en grammaire française : on écrit toujours « je me permets », avec un s à la fin. Voyons en détail pourquoi, comment l’utiliser correctement, et comment ne plus jamais hésiter.

Règle de base : on écrit toujours « je me permets »

Le verbe permettre se conjugue au présent de l’indicatif comme le verbe mettre. À la 1ʳᵉ personne du singulier, la terminaison est toujours -s :

  • je permets
  • tu permets
  • il/elle permet

Quand on ajoute le pronom réfléchi pour former le verbe pronominal « se permettre », la conjugaison ne change pas. Le pronom « me » n’est qu’un complément, il n’influence pas la terminaison du verbe :

  • je me permets
  • tu te permets
  • il/elle se permet

Important : ce n’est pas parce que le verbe commence par « per- » ou qu’il est pronominal qu’on enlève le s. On suit simplement la règle générale de conjugaison du présent.

À retenir en un coup d’œil

  • On écrit toujours « je me permets » (avec un s final).
  • On écrit aussi « tu te permets » (avec un s), mais « il/elle se permet » (sans s).
  • « Permettre » est un verbe du 3ᵉ groupe, comme mettre, promettre, transmettre, soumettre, etc.
  • L’expression « je me permets » est très fréquente dans le registre soutenu, surtout pour formuler une demande polie ou une remarque délicate.

Dans un contexte professionnel, on trouve cette formule dans un grand nombre de messages : courriels à un supérieur hiérarchique, lettres de candidature, relances commerciales, prises de contact, etc.

Pourquoi la confusion entre « je me permet » et « je me permets » ?

Si l’erreur est fréquente, ce n’est pas un hasard. Deux raisons principales expliquent cette hésitation :

  • À l’oral, « je me permet » et « je me permets » se prononcent exactement de la même façon. Le s final ne s’entend pas, ce qui rend l’erreur discrète à l’oreille.
  • L’infinitif « permettre » peut induire en erreur. Certains ont tendance à « calquer » l’orthographe de l’infinitif sur la forme conjuguée et écrivent ainsi « je me permet » par analogie avec « je me permettre », ce qui est incorrect.
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De nombreux francophones hésitent aussi parce que les verbes pronominaux donnent parfois l’impression de suivre des règles particulières. Ici, il faut se rappeler que le sujet reste « je » et que la terminaison dépend uniquement de ce sujet.

Erreurs courantes et formes correctes

Voici quelques exemples d’erreurs typiques, avec leur forme correcte. Ces tournures apparaissent souvent dans les courriels, lettres professionnelles ou messages formels :

  • Je me permet de vous écrire
    Je me permets de vous écrire

  • Je me permet d’insister
    Je me permets d’insister

  • Je me permet de vous rappeler
    Je me permets de vous rappeler

  • Je me permet de vous relancer concernant ma candidature
    Je me permets de vous relancer concernant ma candidature

  • Je me permet de prendre quelques minutes de votre temps
    Je me permets de prendre quelques minutes de votre temps

On rencontre ces formulations dans une grande proportion de messages formels. Corriger ce simple s final améliore immédiatement l’image de sérieux et de maîtrise du français.

Conjugaison de « se permettre » au présent de l’indicatif

Pour bien ancrer la règle, voici la conjugaison complète de « se permettre » au présent :

  • je me permets
  • tu te permets
  • il / elle se permet
  • nous nous permettons
  • vous vous permettez
  • ils / elles se permettent

On retrouve les mêmes terminaisons que pour mettre :

  • je mets
  • tu mets
  • il/elle met
  • nous mettons
  • vous mettez
  • ils/elles mettent

C’est le même modèle : seul le pronom réfléchi change, pas la structure de la conjugaison.

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Nuances d’usage et registre de langue

L’expression « je me permets » appartient au registre plutôt soutenu et s’emploie surtout pour introduire une demande ou une remarque avec tact. Elle permet de dire quelque chose de potentiellement intrusif ou délicat en atténuant l’impression de brusquerie.

On l’utilise par exemple :

  • pour formuler une demande : « Je me permets de vous demander un délai supplémentaire. »
  • pour prendre la parole avec précaution : « Je me permets d’ajouter un point à ce sujet. »
  • pour faire une remarque polie : « Je me permets de vous signaler une erreur dans le document. »
  • pour relancer un interlocuteur : « Je me permets de revenir vers vous concernant notre entretien. »

Dans un contexte plus familier, on utilisera parfois des formulations plus directes, comme « Je te demande… » ou « Je voulais savoir si… ». Mais dans les courriels formels, « je me permets » reste une tournure très répandue.

Exemples concrets dans des phrases

Voici plusieurs exemples illustrant différents contextes d’utilisation :

  • Contexte professionnel :
    Je me permets de vous contacter au sujet de ma candidature au poste de chargé de projet.
  • Relance polie :
    Je me permets de revenir vers vous afin de savoir si vous avez pu étudier ma proposition.
  • Remarque nuancée :
    Je me permets de vous faire remarquer que le délai initialement prévu est dépassé.
  • Comparaison :
    Il se permet des choses que je ne me permets pas.
  • Opinion personnelle :
    Je me permets d’avoir un avis différent sur cette décision.
  • Petite entorse aux habitudes :
    Ces jours-là, je me permets une seconde séance de sport l’après-midi.

Ces phrases montrent que « je me permets » ne se limite pas aux lettres de motivation : on peut l’utiliser dès qu’il s’agit de s’accorder une liberté (de parole, d’action, de jugement) tout en restant respectueux.

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Astuce simple pour mémoriser : pensez à « je mets »

Pour ne plus jamais hésiter, une astuce très efficace consiste à associer « je me permets » au verbe mettre. Les deux partagent la même terminaison à la 1ʳᵉ personne du singulier :

  • je mets
  • je permets
  • je promets
  • je transmets
  • je soumets

Si vous écrivez « je mets » avec un s, vous devez aussi écrire « je permets », et donc « je me permets » avec un s. Le mécanisme est le même, quel que soit le pronom réfléchi :

  • je me permets
  • tu te permets

Visualiser ce parallélisme de conjugaison permet de fixer la règle durablement.

Mini-quiz de vérification

Testez vos connaissances avec ces quelques questions rapides :

  • 1. Quelle est la forme correcte : « je me permet » ou « je me permets » ?
    Réponse : je me permets.
  • 2. Pourquoi écrit-on « permets » avec un s ?
    Réponse : Parce que le sujet est « je » et que, au présent de l’indicatif, la 1ʳᵉ personne du singulier se termine par -s pour ce verbe.
  • 3. À quel groupe appartient le verbe « permettre » ?
    Réponse : au 3ᵉ groupe.
  • 4. Dans quel registre de langue utilise-t-on surtout « je me permets » ?
    Réponse : principalement dans le registre soutenu ou formel.
  • 5. Quelle est la forme correcte : « il se permets » ou « il se permet » ?
    Réponse : il se permet (sans s).

En résumé

On écrit toujours « je me permets », jamais « je me permet ». Le verbe permettre, du 3ᵉ groupe, se conjugue comme mettre : je permets, tu permets, il/elle permet. L’ajout du pronom réfléchi (me, te, se) ne change pas cette règle. Retenir le parallèle avec « je mets » est un moyen simple et efficace de ne plus commettre cette erreur, notamment dans vos messages professionnels où chaque détail compte.

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