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« On ne mange plus, on ne dort plus » : des assistantes familiales sans salaire, des enfants en danger à quelques jours de Noël 2025

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Marie TEXIER

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Une ambiance d’inquiétude grandit à l’approche de Noël : 270 professionnels de la protection de l’enfance – dont des assistants familiaux, éducateurs spécialisés, psychologues, assistants sociaux, chefs de service et …

Une ambiance d’inquiétude grandit à l’approche de Noël : 270 professionnels de la protection de l’enfance – dont des assistants familiaux, éducateurs spécialisés, psychologues, assistants sociaux, chefs de service et personnels administratifs – redoutent de ne pas recevoir leur salaire. Tous poursuivent pourtant leur mission d’accueil auprès d’enfants déjà fragilisés, alors qu’eux-mêmes affrontent une précarité grandissante.

Une crise de trésorerie qui frappe quatre départements

  • 270 salariés concernés : un chiffre qui inclut aussi bien les professionnels de terrain que le personnel administratif.
  • 4 départements impactés, soit plusieurs dizaines de foyers d’accueil et de services éducatifs menacés.
  • Plusieurs centaines d’enfants placés dépendent directement de ces équipes pour leurs besoins quotidiens.

Exemple concret : dans l’un des départements, 32 familles d’accueil déclarent avoir déjà puisé dans leurs économies pour payer l’électricité et l’alimentation des enfants qu’elles hébergent.

Au cœur des foyers : des dépenses qui continuent sans revenu

Les frais quotidiens ne disparaissent pas avec l’arrêt du versement des salaires :

  • Alimentation : entre 200 € et 300 € par enfant et par mois, selon l’âge.
  • Transport scolaire : en moyenne 50 € mensuels pour chaque élève.
  • Soin et accompagnement (orthophonie, psychomotricité) : jusqu’à 150 € mensuels pour certains profils.

Sans revenu régulier, une assistante familiale raconte devoir renoncer à des repas complets : « Le moindre goûter vient de ma poche ; si elle est vide, tout le monde se serre la ceinture. »

Un silence de la direction jugé « incompréhensible »

Les salariés regrettent le manque total de communication interne. Aucune date de versement n’a été confirmée, aucun plan d’urgence présenté. Cette absence d’informations nourrit la peur :

  • Crédit immobilier ou loyer impayé : plus d’un tiers des professionnels se disent menacés de découverts bancaires.
  • Stress psychologique accru, avec des insomnies rapportées par de nombreux salariés.
  • Perte de confiance dans la gouvernance, ce qui menace la stabilité des équipes.
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Des enfants doublement fragilisés

Pour les jeunes placés, la période des fêtes est déjà délicate ; l’incertitude financière ajoute de nouvelles angoisses :

  • Peu ou pas de cadeaux sous le sapin, accentuant le sentiment d’injustice.
  • Crainte de devoir changer de famille d’accueil à la dernière minute si les foyers ne peuvent plus assumer les charges.
  • Risque de rupture du suivi psychologique ou éducatif faute de moyens.

Une éducatrice s’alarme : « Nous sommes censés leur offrir sécurité et repères. Aujourd’hui, c’est le système qui vacille. »

Une mobilisation malgré la fatigue et la peur

Les professionnels demeurent présents auprès des enfants, quitte à s’endetter :

  • Mutualisation des stocks alimentaires et des jouets entre familles d’accueil.
  • Sollicitation des commerces locaux pour des dons de produits de première nécessité.
  • Groupes de soutien psychologique entre collègues pour éviter l’isolement.

« Nous finirons peut-être par trouver un autre poste, expliquent certains, mais ces enfants, où iront-ils ? » Cette question résonne particulièrement fort alors que les lumières de Noël s’allument et que l’avenir reste suspendu à une solution financière toujours incertaine.

Quels scénarios pour sortir de l’impasse ?

  1. Aides d’urgence des collectivités : une avance exceptionnelle sur subventions pourrait couvrir les salaires manquants.
  2. Négociation avec les banques : report des échéances pour éviter les découverts massifs des familles d’accueil.
  3. Table ronde entre les représentants du personnel, la direction et les institutions de tutelle afin d’élaborer un plan de redressement transparent.

En attendant, les salariés se battent pour maintenir un minimum de stabilité. Leur cri d’alarme rappelle que la protection de l’enfance ne peut pas se permettre de vaciller ; les plus jeunes en paieraient le prix fort.

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