En France, certains métiers peinent à recruter alors même qu’ils offrent de bons salaires, des débouchés partout sur le territoire et n’exigent qu’un CAP. C’est le cas du métier de technicien hygiéniste applicateur, plus connu sous le nom de… dératiseur. Un poste essentiel, bien rémunéré, mais qui souffre encore d’une image poussiéreuse. Dommage, car les entreprises du secteur cherchent désespérément des candidats.
Un métier utile… mais mal aimé
La lutte contre les nuisibles (rats, cafards, punaises, etc.) n’a rien de glamour. Et c’est bien là le problème. Ce métier souffre d’un manque de reconnaissance, malgré son importance croissante dans un monde urbain, climatisé, où les infestations progressent.
« C’est un métier de conseil, d’analyse, de relation client. On est loin de l’image du “poseur de pièges” », insiste Stéphane Bras, porte-parole de la Chambre Syndicale 3D (dératisation, désinsectisation, désinfection).
Jusqu’à 2 800 € brut/mois avec un simple CAP
Sur le papier, le métier a tout pour séduire. Selon la grille des minimas de la CS3D, un technicien hygiéniste démarre à 2 048 € brut. Mais ce n’est qu’un début : avec l’ancienneté, les primes, les astreintes et les avantages (véhicule, panier repas, primes de performance), les rémunérations peuvent grimper à plus de 2 800 € brut par mois. Et aucun diplôme post-bac n’est exigé : un CAP en hygiène ou environnement suffit.
Le Certibiocide, le seul passage obligé
Avant de prendre son premier poste, tout candidat suit une formation de 3 jours appelée Certibiocide Nuisibles, obligatoire pour exercer. Ensuite, il est encadré sur le terrain, formé aux produits, à la sécurité, et surtout… à la relation client.
Qui peut devenir dératiseur ?
Les recruteurs sont ouverts à tous les profils, avec ou sans expérience. Ce qu’ils recherchent :
- Une bonne communication avec les clients
- Une certaine pédagogie
- Un goût pour le travail en autonomie
- Un sens du service
« Beaucoup de nos recrues viennent de l’hôtellerie ou de la restauration, des milieux où l’on a le contact facile et le sens de la réactivité », précise Stéphane Bras.
Des recrutements dans toute la France
Avec près de 3 350 entreprises dans le secteur 3D, les besoins sont énormes et les offres sont disponibles partout en France, aussi bien en ville qu’à la campagne. C’est donc un excellent choix pour celles et ceux qui souhaitent travailler près de chez eux.
Une évolution de carrière possible
Le métier ne se résume pas à « tuer des rats ». Avec l’expérience, un technicien hygiéniste peut :
- Devenir technicien conseil,
- Accéder à des postes de formateur,
- Ou évoluer vers des fonctions de responsable d’équipe ou de secteur.
Le tout, dans un secteur solide, non délocalisable, et de plus en plus réglementé.
En conclusion : un job stable, bien payé, mais encore boudé
Dératiseur, le mot fait encore sourire… mais c’est un vrai métier d’avenir. Il recrute, paie bien, n’exige pas de longues études, et garantit une stabilité rare dans les métiers peu qualifiés. Si vous cherchez une reconversion ou un premier emploi solide, il serait peut-être temps de regarder du côté des nuisibles.